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HISTOIRE DE LA DIVISION

 

PREMIERE GUERRE MONDIALE

L’origine de la 29ème Division se fonde sur la fusion d’unités de la Garde Nationale des états du Delaware, du Maryland, de la Virginie, du New-Jersey et du District de Colombia.

Cette décision, jugée a posteriori, relève d’une forme de pari sur l’avenir. En effet, certaines unités qui devaient constituer la 29ème Division n’avaient pas combattu pour la même cause durant la Guerre de Sécession. A Sea Girt, New-Jersey, lorsque la décision de fusion fut prise, en Juillet 1917, une vague de doute s’était plus ou moins installée : "Ils se battront entre eux...pas contre les Allemands !"

L’histoire n’a pas donné raison aux pessimistes. Après un regroupement à camp McClellan (Alabama) et dix mois d’entraînement, les "Doughboys" de la 29ème Division se sont embarqués pour la France.

L’union de toutes les unités de la Division s’est matérialisée par leur insigne d’épaule. Le choix s’était porté sur le signe Coréen de la vie éternelle, un cercle dans lequel s’associent le bleu "Yankee" au gris "Rebel". La Division "Bleue et Grise" pouvait partir pour la France, ses hommes ne se battraient plus entre eux !

Il s’agissait des unités suivantes :

113, 114, 115 et 116ème Régiments d’infanterie.

110, 111 et 112eme Bataillons de Mitrailleuse.

110, 111 et 112ème Régiments d’Artillerie.

104ème Batterie de Mortiers.

104ème Bataillon de Transmission.

104ème Régiment du Génie.

Une Compagnie de Quartier Général.

On les retrouve bientôt engagées dans l’offensive Meuse-Argonne le 22 Septembre 1918.

Le 8 Octobre 1918, la 29ème Division, de nouveau en ligne, réussit une percée de plus de 10 kilomètres au prix de quelques 4.800 tués, blessés ou disparus. L’armistice du 11 Novembre 1918 surprend nos "29ers" dans la région de Metz, prêts à de nouveaux combats.

L’ENTRE DEUX GUERRES

De retour aux Etats-Unis, la 29ème Division est relevée du Service Fédéral pour être reversée à l’autorité de la Garde Nationale.

Les 11 compagnies de combat du 115ème Régiment sont réparties dans le Maryland. Tiennent garnison à Baltimore, le 175ème régiment d’Infanterie et le 104ème Médical, le 110ème Régiment d’artillerie à Picksville, Maryland.

Douze bourgades de Virginie accueillent les compagnies du 116ème Régiment d’Infanterie L’une d’elles, Bedford, entrera dans l’Histoire comme nous le verrons bientôt. L’enrôlement dans la Garde Nationale tenait plutôt à l’intérêt matériel qu’à un patriotisme délirant. Les quelques dollars gagnés au fils des séances d’entraînement servaient à améliorer les salaires. Cette situation tendra à s’affirmer lors de la grande crise économique de 1929. Constituées en unités urbaines, les compagnies de la Garde rassemblent en fait, des jeunes gens issus de la même ville, ayant fréquenté les mêmes écoles et plus tard, les mêmes bals du Samedi soir ou cinémas de quartier. Ils sont tous issus de la classe moyenne du pays, celle qui a tant donné chaque fois qu’elle a été sollicitée. Ce sont des compagnies de "copains", de voisins de quartier.

En 1936, les régiments de la Garde se retrouvent à Indiantown Gap (Pennsylvania) pour des manoeuvres combinées. Les compagnies se rejoignent à deux nouvelles reprises avant l’entrée en guerre des Etats-Unis;  à Manassas (Virginia) lors d’une reconstitution de la première bataille de Bull-Run et enfin dans l'état de New-York au titre des grandes manoeuvres de la Première Armée.

LA SECONDE GUERRE MONDIALE

Le 1er Septembre 1939, la Pologne est envahie par les troupes d’Adolf Hitler. C’était le début de la Seconde Guerre mondiale.

La Grande Bretagne et la France déclarent la guerre à l’Allemagne nazie.

Juin 1940, les Allemands paradent dans Paris occupé. Un cataclysme a balayé la France, la Grande-Bretagne est elle même menacée. Les Nazis s’apprêtent à fonder un "Ordre Nouveau", pour mille ans ! "La lumière s’était éteinte sur le Monde".

Retranchés dans leurs îles, les Britanniques tiennent bon. Leurs regards se tournent vers l’Ouest, vers le grand large, autrement dit vers l’unique démocratie encore capable de renverser le sens d’un courant qui menace de les emporter, eux aussi, dans le feu de la géhenne nazie. Tous leurs espoirs résident en la volonté et la décision du peuple Américain pour, une fois encore, intervenir et délivrer l’Europe de ses vieux démons. L’idée d’intervenir ne faisait pas recette au Congrès des Etats-Unis et la célèbre chanson "Over there"  n’ était plus reprise au refrain par la masse du peuple. La sortie de la crise économique était rude. L’armée Américaine comptait à peine 190.000 hommes, soit tout juste 6% des effectifs Allemands. Le matériel et l’armement, entièrement obsolètes, mis à part quelques porte-avions, exigeaient d’être totalement renouvelés. Quelques mois suffirent pour voir apparaître les premiers véhicules qui, bientôt, seraient utilisés par bon nombre des armées alliées.

3 Février 1941

Le Président Franklin D. Roosevelt, par son décret N° 8633, ordonne aux unités de la Garde de rejoindre Fort George G. Meade pour une période d’entrainement d’un an. Les compagnies quittèrent leurs villes d’origine saluées souvent par les voeux des vétérans de la "Grande Guerre". A Roanoke, Virginia, les jeunes gardes défilent sur Campbell Avenue. Une proclamation du Post 64 de l’Association de la 29ème Division est lue par le maire : " ...Nous savons que nous pouvons compter sur vous et que vous ferez votre devoir". Les jeunes gens, qui dans certains cas, n’avaient jamais passé une seule nuit hors de leur foyer, pensaient que leur absence ne durerait qu’un an...En fait ils partaient pour une aventure de 50 mois !

14 Septembre 1941

Les compagnies font mouvement pour le camp A.P Hill (Virginia) et participent, en Caroline du Nord et Caroline du Sud, à des manoeuvres combinées qui s’étaleront jusqu’au mois de Novembre.

7 Décembre 1941

"le Jour d’Infamie".  Attaqués par les Japonais à Pear-Harbor, les Etats-Unis constatent leur situation de belligérance avec l’ Empire du Soleil Levant. Adolf Hitler leur déclare la guerre, suivi de son allié Italien Benito Mussolini. Se trouve ainsi constitué "l ‘Axe" Berlin-Rome-Tokio. La guerre devient "mondiale".

9 Décembre 1941

Les compagnies regagnent Fort Meade.

12 Mars 1942

La 29ème Division est réactivée.

22 Avril 1942

La Division fait mouvement pour le camp A.P Hill.

15-17Août 1942

La "Blue and Gray" est transférée à Camp Blanding ( Florida).

20 Septembre 1942

La Division rejoint Camp Kilmer (New-Jersey).

26 Septembre 1942

Départ de Camp Kilmer pour Jersey City.

27 Septembre 1942

Les deux tiers de la Division quittent le port de New-York à bord du "Queen Mary" à destination de la Grand Bretagne. Le reste de l’unité devait suivre le 5 Octobre à bord du "Queen Elisabeth".

La 29ème Division placée sous le commandement du général Léonard T. Gerow, débarque en Ecosse les 3 et 11 Octobre 1942 pour être acheminée par voie ferrée sur Tidworth, dans le Sud de l’Angleterre. Son destin d’unité vouée à une opération amphibie est vite marqué. Les jeunes gardes nationaux, maintenant renforcés par des appelés du contingent, se trouvent engagés dans des exercices à haut risque, prouvant qu’ils seraient un jour impliqués dans une importante action qui pourrait être l’invasion de la "Forteresse Europe"  d’Adolf Hitler. Le moral de la Division tient compte de cette probabilité. Les garçons de la "Blue and Gray" savent que leur retour à la maison passe par un long chemin les conduisant au cœur de l’Allemagne nazie. Leur cri de guerre, " 29 Let’s Go! ", hurlé à la moindre occasion dans les landes de Cornouaille, à la grande satisfaction de leur nouveau patron, le général Charles Hunter Gerhardt, ne laisse aucun doute quant’ à leur résolution d’en découdre ! Le plus tôt serait le mieux !

4 Juin 1944

Les compagnies d’assaut des 115 et 116èmes Régiments embarquent à bord des transports "Empire javelin" et "Thomas Jefferson" Leur destination était la plage Normande maintenant surnommée "Omaha Beach", autrement dit, le secteur Ouest du long rivage séparant Colleville-sur-Mer de Vierville, le centre du secteur étant le lieu-dit "Les Moulins" sur Saint Laurent-sur-Mer.

6 Juin 1944

La compagnie "A" du 116ème Régiment eut l’honneur d’être mise à terre la première, devant Vierville-sur-Mer. C’était à l’aube du 6 Juin 1944. Après avoir tant souffert à bord des embarcations d’assaut, frigorifiés par les embruns et anéantis par le mal de mer, tous ces jeunes hommes ont certainement souhaité arriver enfin à la côte. Les Allemands de la 352ème Division, retranchés sur les hauteurs, ne leur ont pas laissé la moindre chance de se réconforter. Dix minutes après avoir débarqué, la Compagnie "A" avait cessé d’exister au titre d’unité opérationnelle. Elle avait perdu 96% de son effectif. La petite ville de Bedford en Virginie, ne savait pas encore que ses garçons ne rentreraient jamais à la maison...Durant toute la matinée, les vagues d’assaut amenant les compagnies de la 29ème Division subirent une telle réaction de l’ennemi, que le général Bradley envisagea de faire évacuer la plage d’Omaha et de diriger tous les renforts sur "Utah Beach" où la situation était de loin plus favorable. La Première Division, "Big Red One", mise à terre sur le secteur Est de la plage d’Omaha était logée à même enseigne, clouée au rivage. Nul ne saurait oublier le côté apocalyptique de cette plage encombrée de morts, de blessés plus ou moins gravement, d’hommes réfugiés précairement derrière des "éléments C", le matériel en feu ou détruit, le fracas des explosions, les tirs saccadés des armes automatiques qui du haut des falaises "rafalaient" tout ce qui bougeait... ou semblait bouger. Comment oublier les hurlements des blessés suppliant qu’on leur vienne en aide : "Medic ! Medic !" Et ces infirmiers qui n’en pouvant plus, allaient entre deux rafales apporter leurs soins...et se trouvaient frappés à leur tour ! La sortie du marasme a pris des heures. Ce jour là, il y eut beaucoup de héros. On cite le général Cota, commandant en second la 29ème Division, hurlant à la cantonade : "On est en train de se faire massacrer sur cette plage, on ferait mieux d’aller se faire tuer un peu plus loin !". On peut aussi citer le colonel Canham, commandant le 116ème Régiment criant à ses officiers : "Sortez moi vos gars de cette foutue plage et allez me bousiller quelques boches !" Un officier croyant bien faire, lui rétorquant : "Mon colonel, mettez vous à couvert, vous allez vous faire tuer !" . Et la réponse de Canham : "Bougez vos fesses d’ici et sortez moi ces gars de cette saloperie de plage".

De petits groupes d’hommes ont entrepris, ici et là, de sortir des refuges précaires qu’ils occupaient depuis l’aube. Quelques mètres gagnés, puis encore quelques mètres et ainsi de suite, jusqu'à atteindre un couvert plus sûr, finalement gravir la pente des falaises et les " nettoyer ", aidés par le tir de certains bâtiments de guerre.

Le soir venu, la plage d’Omaha ensanglantée était "libérée" mais les garçons de la 29ème Division avaient payé très cher leur débouché du rivage. La tête de pont avait une profondeur d’environ 1800 mètres par endroits et selon le Staff Sergeant J. Robert Slaughter, D/116, arrivé au sommet de la falaise, à la nuit tombante, son groupe exténué se contenta de trous individuels de fortune ...et s’endormit à moins de 25 mètres d’une position Allemande !

"Omaha" n’était que la première étape de la longue route de retour vers l’Amérique. Une route sanglante. La bataille pour Saint-Lô menée à travers mille haies fut un calvaire. On avançait de quelques mètres par jour. Parfois, pas du tout. Les nazis truffaient de mitrailleuses et de canons de 88 les innombrables haies ou chemins creux. Saint-Lô, ville martyre, située à peine à 40 kilomètres de la plage d‘Omaha, ne vit apparaître les premiers groupes de la 29ème Division que le 18 Juillet. La dépouille du major Tom Howie, "The Major of St-Lô" tué à l’entrée de la ville, fut conduite, recouverte de la Bannière Etoilée, à l’intérieur de la "Capitale des ruines" et exposée sur les ruines du clocher de l'église Ste Croix, offrande du général Gerhardt à Saint-Lô combien meurtrie mais libérée.

La campagne de France, pour la 29ème Division, passait également par Vire et aussi par Brest. Libération de la presqu’île du Conquet du 26 Août au 10 Septembre 1944. Les sergents Frank Peregory du 116ème et Sherwood Hallman du 175ème, reçurent à titre posthume la "Médaille d’Honneur du Congrès", la plus haute distinction Américaine décernée uniquement pour des actions hors du commun et bravoure exceptionnelle. La campagne de France s’était achevée. Restaient les souvenirs. Le 23 Juillet, à La Cambe, un petit village proche de la plage d’Omaha, les "Blue and Gray" honoraient leurs morts. Deux mille tombes étaient alignées pour une ultime parade. La cérémonie terminée, les unités de la 29ème Division quittèrent le cimetière en ordre serré tandis que la musique divisionnaire jouait "The Beer barrel polka" rendue célèbre par les films des Marx brothers...un dernier clin d’œil aux copains morts !

Un bruit avait couru . "La Division rentre aux Etats-Unis pour entraîner des unités fraîchement formées et destinées à être engagées sur le front du Pacifique"... Singulière route de retour, la Division est transportée par voie ferrée sur la Roër. Elle participe à la prise d’Aix la Chapelle, s’empare de Siersdorf, Setterich, Dürboslar puis de Jülich et Munchen-Gladbach. Le Rhin est franchi en Février 1945. Cinq jours plus tard, la 29ème Division attaque et prend d’assaut 48 villes ou bourgades et capture intacte une division allemande entière. L’avance en territoire ennemi ne faiblit pas. La "Blue and Gray" épaule la 5ème Division Britannique dans le secteur de Neu-Darchau. Le 175ème Régiment dépasse la forêt de Klôtze. Sur le flanc gauche de la 84ème Division, les "29ers" atteignent l’Elbe le 26 Avril et tiennent un front de plus de 60 kilomètres. Ils opèrent la jonction avec les troupes soviétiques le 3 Mai 1945.

8 Mai

L’armistice est signé. Une nouvelle page est tournée.

Les premiers "29ers" libérés apprirent la bonne nouvelle le 13 Mai 1945...les derniers, le 16 Janvier 1946 à Camp Kilmer. Le S/Sergeant J. Robert Slaughter a fait partie de ces premiers élus, il raconte : "Le 13 Mai, j’ai été démobilisé. J’ai quitté la compagnie si vite que je n’ai dit au revoir à personne. Ma guerre était finie".

A Camp Kilmer, il n’y eut ni prise d’armes, ni fanfare, ni drapeau. Il faisait un temps exécrable. L’ordre officiel est tombé : "Ordre N° 48. La 29ème Division d’Infanterie des Etats-Unis est désactivée à compter du 17 Janvier 1946 à 23 heures 59 minutes..."

La Seconde Guerre mondiale aura coûté à la 29ème Division 20.324 tués, blessés ou disparus.

De nos jours, le flambeau est repris par la 29ème Division d’Infanterie (Light) cantonnée à Fort Belvoir (Virginia). Cette unité est détentrice des traditions et l’affirme : "Garder vivant l’esprit de la 29ème Division dans l’Histoire militaire de notre pays".

Quelle conclusion a été tirée par le général Gerhardt sitôt la guerre terminée ? Nous ne le savons pas. Mais parions que ce fut son compliment favori :

"  MIGHTY FINE ! MIGHTY  FINE !"

"Uncle Charlie's" Jeep

29 Let's Go!

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